mardi 28 novembre 2008
Les montagnards sont ... las !

La lassitude et la colère des montagnards
Le 8 novembre 2008 au Ventron, des débats tonics et engagés se sont tenus à l'occasion de l'assemblée générale de l'Association pour l'équilibre et le développement du massif vosgien AEDMV. Cette association créée en 1992 couvre les deux versants du massif vosgien. Les membres sont pour la plupart des professionnels du tourisme et des agriculteurs qui travaillent dans le périmètre du Parc Naturel des Ballons des Vosges. Bon nombre d’élus des communes assistaient à cette assemblée générale.
Avec 515 adhérents, l'effectif bat tous les records au sein de l'Association. Signe que la mobilisation n'a jamais été aussi forte en faveur de cette cause. « L’association ne vit que des adhésions. Nous ne sollicitons jamais de subventions », se réjouit le président Gilles Mangel qui n'a toujours pas digéré l'éviction de l'AEDMV du bureau et du comité syndical du Parc naturel régional des Ballons des Vosges (PNRBV).
Il dénonce également le déséquilibre des représentations en raison du mode de scrutin. « Au Parc, 25 associations représentaient l'environnement. Mais une seule défend l'économie et le tourisme, la nôtre ! » Contrairement à ce qui était prévu aucun rapport ne parvient plus au président.
Ce fut ensuite au tour de la navette des crêtes d’être fustigée pour son coût important à la charge de la collectivité : pour 2007 les dépenses se sont élevées à 177 423 € dont seulement 27 423 € payés par les usagers. Toute la salle applaudit bien fort en apprenant que la Région Lorraine a décidé de ne plus accorder de subvention (20.000 € en 2007). Le conseil général des Vosges ne la finançait plus depuis plusieurs années déjà. Pour compenser cette nouvelle perte sèche, le PNRBV souhaiterait qu'une partie de taxe de séjour soit reversée à la navette des Crêtes (à l'image de la Forêt-Noire) alors que seulement 5 % de touristes l'utilisent. Mais en France, la taxe de séjour revient exclusivement aux communes (90 %) et aux départements (10 %) et ne permet pas ce genre de subvention.
« Le problème est d'autant plus crucial que la navette va perdre également la subvention de 50.000 € du Feder puisque les fonds européens s'arrêtent à la fin de l'année », relève l'emblématique Jean-Marie Remy, le fondateur de la station de ski de La Bresse.
Emoi également dans la salle quand est évoqué un prolongement jusqu'au Ballon d'Alsace de la navette des Crêtes, en fonction, jusqu'à présent, entre le col des Bagenelles et le Grand-Ballon. Emoi encore en découvrant que les douze bus de la navette en circuit chaque dimanche polluent davantage que le gain de 6,8 % de voitures en moins. Gilles Mangel a fait le calcul (grand nombre de circuits, consommation des cars qui s’arrêtent toutes les 4 minutes, circulation des navettes mêmes en cas de mauvais temps, circulation à vide des bus qui se rendent au point de départ et retour dépôt...) La fréquentation de la navette est stable depuis sa création malgré les prévisions à la hausse. Elle n’était également prévue que pour une période test de 3 ans.
En matière de pollution, personne ne s’inquiète de la fréquentation croissante des semis remorques sur la route des crêtes...
Enfin, un large débat s'est engagé à propos des réserves naturelles. Il en existe désormais sept dans le massif vosgien : le Grand-Ventron, Machais, le Frankenthal, le Gazon du Faing, les Ballons comtois ainsi que, depuis cette année, le Rossberg et le Rothenbachkopf. « Depuis 18 ans, on a dépensé 2.799.000 € pour la seule réserve du Grand-Ventron afin de protéger moins d'une dizaine de grands tétras ! » s'étrangle Pierre Egler, l'ancien vice-président du conseil général du Haut- Rhin. « On ne parle que de protection alors que dans le Massif central et en Auvergne, on fait des aménagements ! »
Il s’est montré scandalisé de ce montant, argumentant que telle somme aurait permis de désenclavement de la vallée de Thann et aurait pu éviter les délocalisations par la réalisation d’infrastructures routières.
Autrement écrit, en cette période de crise, l'argent public pourrait être investi plus raisonnablement.
Suppléant le député François Vannson, Patrick Lagarde, par ailleurs maire de Cleurie en convient. « Les temps sont durs ! Aussi, les priorités iront à ceux qui conduisent des initiatives en faveur du travail. Pour cela, l'engagement des uns et des autres est nécessaire afin de travailler ensemble dans le massif vosgien. »
Monsieur Peduzzi , représentant des maires du département des Vosges et d’autres membres ont souligné comme le projet le plus dangereux et le plus inquiétant, c’est la nouvelle charte prévue par le parc pour la période 2010- 2020 (énorme document de plus de 150 pages). Le chapitre VII prévoit en effet le transfert des compétences des mairies vers le Parc. « Si les communes ne réagissent pas, nous serons comme des Indiens parqués dans des réserves. C’est aux Maires des communes situées dans le périmètre du Parc de lire attentivement ce projet de charte et en particulier ce chapitre 7. L’avenir du maintien et du développement du massif des Vosges et des vallées en dépend !

Consensus entre Patrick Lagarde, Gilles Mangel, le président de l'AEDMV, et Jean-Claude Dousteyssier, maire de Ventron.



L'Association pour l'équilibre et le développement du massif vosgien (AEDMV) ne siège plus en tant que telle au collège Économie et tourisme du comité syndical du Parc naturel régional des ballons des Vosges et du bureau du PNRVB. Quel évènement ! Depuis 2007, le président Gilles Mangel et ses amis ne décolèrent pas à propos de cette "grave anomalie". Et l'association ne reçoit plus de comptes rendus et d'informations. Dans le bulletin de son association, le président Mangel revient à la charge et pose la question : « Qui d'autre que l'AEDMV peut représenter et défendre l'équilibre et le développement de notre massif ? Certainement pas les écologistes qui sont contre tout développement ». Ces écolos (élus et associatifs) apprécieront la banderille ! Cheval de bataille de ses militants, la navette des Crêtes, dont ils dénoncent le montage budgétaire, en avançant que, comme il s'agit d'un service instauré à des fins de loisirs, il doit être financé par l'utilisateur et non par le contribuable, à travers les collectivités. Oui les montagnards sont las de ces querelles de broutille et de personnes entre associations qui devraient avoir en principe le même intérêt : le développement du Massif Vosgien. Surtout au moment où font rage la crise de l'emploi, le démantèlement du service public et de pans entiers de l'économie ! Sujets dont peu de ces associations se préoccupent...soi-disant écologistes ou non.